vjay, l’étonnant DJ de vos vidéos sur iPad

vjay – 7,99 €, iPad – est la nouvelle application iPad d’algoriddim, l’éditeur allemand derrière djay. Difficile à classer, le logiciel permet de mixer vidéo et audio transformant l’iPad en puissant outil de mix et d’animation. Un logiciel étonnant que nous vous proposons de découvrir en détail à travers cette revue à quatre mains, réalisée avec notre ami Xzu, vidéaste de son état (qu’on remercie énormément !).

 

vjay ne fonctionne qu’à partir de l’iPad 2, exit donc la première génération de tablette, qui commence à subir l’effet de gamme. C’est regrettable mais, en voyant fonctionner le logiciel, on comprend aisément le pourquoi. La puissance exigée est assez considérable et le simple fait de pouvoir faire fonctionner ce type d’application constitue, d’ailleurs, une preuve à part entière de la puissance déployée sur les générations de tablettes actuelles. Dernier point, de détail, l’application fonctionne uniquement en mode paysage.

À quoi ça sert ?

 

vjay est à la vidéo et à l’audio ce que djay est à l’audio, un logiciel de mixage. Concrètement, il permet donc de gérer deux pistes audio et vidéo en parallèle et de mixer à son gré entre ces sources. Les applications potentielles sont variées : animations vidéo de soirée, et de concert, performances live, présentations etc…

L’interface se présente assez logiquement partagée en deux espaces sources et un espace visualisation du résultat du mix. Le logiciel effectue le mix absolument en temps réel, et gère, outre la sortie sur l’écran de l’iPad, la sortie TV-out, ainsi que AirPlay jusqu’au 1080p. Aucun lag n’est à noter lors de l’utilisation de cette fonctionnalité. Globalement, d’ailleurs, aucun soucis niveau stabilité à noter. vjay se comporte de manière consistante et nous n’avons pas enregistré un plantage lors de nos tests.

Déploiement de puissance

Sur chacune des pistes vidéo, vjay sait appliquer des effets temps réels. La zone de visualisation de la source peut, en outre, se transformer en zone d’effecteur : vous sélectionnez l’un des filtres proposés – parmi 5 – qui permettent, par exemple, de simuler un effet fish eye, ou de donner un effet stroboscopique à l’image, ou de pixeliser celle-ci, par exemple, et la zone de visualisation permet de localiser l’effet ou de le modifier, en temps réel.

À noter que les effets visuels sont transposés à la piste audio associée en cours de lecture : on retrouve ainsi quelques filtres audio présents dans DJay, joué et modulé en même temps que les effets déforment les images.
Vjay sait gérer audio et vidéo de manière synchronisée, ou autonome. Il est ainsi possible soit de mixer la vidéo associée à sa piste audio (quand vous passez d’une vidéo à l’autre, l’audio fait de même) ou de manière dissociée. Comme n’importe quel logiciel de ce type, VJay adapte le contenu vidéo au contenu audio, en le lisant tant que la musique continue. On peut donc ajouter des séquences d’animations graphiques courtes qui seront jouées en boucle.Le logiciel sait gérer deux pistes vidéos mp4, jusqu’au format 1080p, sans aucun ralentissement notable. La lecture des vidéos est très rapide – pas de temps de préchargement – et propose diverses transitions pour passer de l’une à l’autre : fondu enchainé, effet keynote, glissement, effet de multiplication d’écrans etc… La gamme n’est pas très étendue et on espère qu’algoriddim va renforcer son offre lors de prochaines mises à jour.

Niveau vidéo, vjay sait gérer des boucles d’usage très aisé au sein de vos films. L’impression de mixer est bien présente tout au long de l’expérience. Le logiciel dispose, en outre, de la possibilité d’enregistrer votre performance live.

L’importation, le talon d’Achille

vjay sait prendre les vidéos dans votre pellicule, vous propose d’enregistrer vos vidéos en direct (mais ne sait pas gérer le flux vidéo enregistré en temps réel), et gère le partage iTunes. Cependant, il est impossible de prendre des vidéos ailleurs que sur un compte iTunes autorisé avec l’iPad sur lequel le logiciel est chargé, ce qui est un facteur limitant.

De même, on est un peu déçu de ne pas pouvoir gérer en direct les flux vidéo enregistrés par l’iPad. On sera obligé de passer par une phase d’importation d’un fichier enregistré.

Au rang des griefs, également, il est impossible de définir une vidéo ou une image comme fond et lors du mix ceci entraine le risque de passer par des phases écran noir. De même, on aimerait voir arriver des effecteurs ou des visualiseurs temps réel, à l’image, par exemple, du générateur graphique d’iTunes.

Pour performantes que soient les fonctions de création de boucles, il est impossible d’associer durablement une boucle avec une vidéo. Ainsi, quand vous rechargerez une vidéo que vous avez déjà utilisé, vous devrez redéfinir vos boucles, sans pouvoir accéder à celles que vous aviez réalisé la première fois.

La liste de griefs exposés ci-dessus ne doit pas masquer le petit événement que constitue l’arrivée de vjay. « vjay permet, sur un « simple » iPad, de faire ce qui il y a quelques années se faisait au minimum avec un mélangeur, deux sources, un générateur de synchronisation, beaucoup de matériel, pour beaucoup d’euros », estime Xzu, réalisateur-vidéographiste après une rapide prise en main de la solution d’algoriddim. Retrouver toute cette puissance vidéo sur une tablette est simplement étonnant.Ébouriffant !

Après, la principale question concernant vjay est son public. Si son intérêt pour des professionnels est évident (mais certains manques en limitent les potentialités) son marché peut sembler un brin spécialisé. Mais, c’est là tout le pari de l’éditeur : créer des nouveaux usages, conquérir de nouveaux publics autour de cette idée qu’on peut mixer des vidéos en toute simplicité.